mardi 16 novembre 2010

Lulu : "l'eau, l'or, le vin, la peur et l'ordre"

L'amour se perd dans les yeux noirs
Du fond
Du puits,
La vie s'élance sur le dos d'ailes longues
Surplombant les étendues absentes de l'horizon.
Le vent reçoit les ailes, et tourne,
Et la mort
Sonne ses grandes cloches
Plaquées de bois luisant et de cuivre
Tout plein de crasses
Crues, et de non-sens .
- Le retour du flambeau
Secoue sa toile encrassée
Des craintes
Le feu s'extinct dans les bouches sales
Les cris sèchent sur la braise
La braise meurt sur la toile.
*
Et sous les sanglots des gorges mortes,
Et les tremblements
Des mentons rigides
Surgissent la fougue rouge, et les touffes de cotton, et l'émeraude, et l'eau froide
Et les fièvres belles,
Et laides,
Où s'encrassent les hautes pensées
- Comme un corps dans une boue -
Crevant par la densité des airs faux et
Coulants dans une
Glu épaisse
Qui bout Par Terre.
*
Sont-ce les richesses sombres qui broient du corps
Ou une valse où les maximes claquent leurs semelles vers l'antre
Du vide
Frappant le vent et plongeant dans un nouveau néant
Et tournent les anges rouges et les anges noirs, alcooliques,
En se mêlant
Dans une fougue qui éclate
Des corps
Aux yeux
Et au gorges déployées
Les bruits des couleurs s'agressent et
Pénètrent le siège où foisonnent les onirismes bizarres
En chassant des esprits les normes
Et les pâtés pleins d'ingrédients sociaux
- C'est l'affreuse dynastie des morts où le désir agresse
Le concept
Ou l'irrésistible bal où flamboient l'eau, l'or, le vin, la peur et l'ordre - les cris d'un primitif nouveau et des jouissances sourdes
Qui fument la brise agressive du temps
Et s'étouffent
Et embrassent la mort
L'absurde qui chute
Et la morale qui coule.
[rires]
Raphaëlle S

jeudi 11 novembre 2010

Voix OFF: En scène pour la skirtdance




LULU.

Voix OFF: En scène pour la skirtdance.


SCHIGOLCH.– À quoi bon vivre à Paris sinon !

Son portrait trône au-dessus du spectateur, au-dessus des fervents amants, au-dessus d’elle même.

Elle guette, s’assure que sa tragédie-monstre tienne la route.

Peut-être qu’elle est déçue : le public a rit.


ALWA.– (s’affairant) J’en ferai une tragédie…

Les diaboliques.

Opération réussie ; c’est bien une tragédie.

On frissonne de l’insouciance du criminel, une véritable bombe à retardement. Un ouragan.

Un bel ouragan. Une éternelle insatisfaite.


ALWA.– Je ne suis pas habitué à ce genre de plaisanteries. — Je ne suis pas blindé à ce point-là…

SCHÖN.– (sanglotant) Cette enfant ! L’innocente enfant !

Tout jaillit d’un monde bien bas. La mystique figure de Lulu y comprise.

Femme de la rue, élevée par un père immoral et incestueux, envoyée à l ‘école supérieure des jeunes filles. Elle est l’écran noir de projection des fantasmes de chacun. Quiconque veut l’appeler Nellie, Eve ou Daisy le peut.



SCHÖN.– — J’ignore comment elle se nommait à l’origine…

casti-piani.– — Quand il faut se battre pour survivre, le cœur rétrécit…


Lulu bouillonne en beaucoup de femmes. Son âme, contrairement aux traits qui transfigurent de sa jeunesse, est abimée. Elle fuit l’amour, le bonheur, la simplicité. Elle joue l’enfant attardée et se donne corps et âme à de vaines passion érotiques, en entrainant ainsi sur son passage quelques déceptions…


SCHÖN.– L’amour ne nous met pas au-dessus de l’animal.

FERDINAND.– — On n’est qu’un homme, après tout.

On n’est qu’un vieux médecin, qu’un artiste, qu’un père et son fils, qu’un autre père, qu’une femme surprenante, qu’un acrobate, que deux anglais, qu’un suisse…


SCHÖN.– Tout d’une seule pièce…

D’une seule. Le manège infernal de la scène tourne… tourne…

Multiplication d’atmosphères, de contrastes qui traduisent la complexité des personnages.

Un trou à rat insalubre à Londres, une fête branchouille parisienne, un atelier d’artiste, une loge, une chambre Lynchéenne.

Pas moyen de s’ennuyer. La pièce est fidèle à l’œuvre. Même l’adaptation « trash contemporaine » fonctionne à merveille. C’est intemporel. L’univers malsain (prostitution, sexe, drogue, argent) ne nous est d’ailleurs pas totalement inconnu…


SCHÖN.– Et avec tout ça tu n’en as pas encore assez ?

LULU.– Qu’appelez-vous assez…



Juliette G.

vendredi 5 novembre 2010

Dis le moi. Montre le moi. Explique le moi.


Le silence se fait, les acteurs, déjà présents sur scène, s'en vont à leur place.

Attente.

Quatre filles, deux garçons. Trois danseuses, trois acteurs.

Équilibre.

Une correspondance, de la danse contemporaine, de la poésie, de la musique, plus jamais de silence.

Dispersion.

Un trou de mémoire.

Fracas.

L'une boit dans une bouteille.

Casse.

Les trois danseuses semblent ne plus faire attention aux autres, juste au spectateur, il n'y a plus que nous, et trois discours en même temps, en anglais.

Rien de va plus.

Reste une tentative vaine de s'accrocher à un fil directeur. Une femme correspond avec son mari emprisonné, qui ne trouve de réponse que dans la poésie, et la description de la guerre, toujours pas de silence.

On se ressaisit.

Nouveau trou.

Tout s'écroule. C'est la fin. Il ne reste que nos impressions.
Incompréhension
.

mardi 5 octobre 2010

Rose! Blanc! Rouge!...noir.

Les gens disent:-"Qui se conduit comme un chien n'a plus de dignité."
Et quand on a perdu son chien?
Rose! Blanc! Rouge!...noir.

Il arrive que les mots ne suffisent pas. Peu importe combien l'on se débat avec.
Une Image, desfois, ça parle plus que le plus élaboré des discours.
Il suffit de voir, il suffit...

Rose! Blanc! Rouge!...noir.

Un homme ébloui par la lumière (la folie oui!). Lui, ne voit pas (il ne distingue rien du tout oui!). D'où vient cette voix qui s'élève dans le noir? Il l'ignore. Une plainte étouffée du fond de notre mémoire. Notre mémoire en tant qu'hommes, (tous des chiens oui!)

Rose! Blanc! Rouge!...noir.

Vas-y! manges-toi ça bébé! Tu l'oublieras, tout semble s'oublier après tout!


dimanche 3 octobre 2010

on fait quoi là?

des chaises et des tables de bureau,
des sandwich racis et des bouteilles de vin a moitié vide
des gobelets en plastique blanc, c'est la fin du pot d'amitié,
entre les acteurs et les spectateurs, entre spectateurs et spectateurs, on arrive en retard, pourtant les retardataires sont nombreux, non, nous sommes a l'heure, peut être est ce pour après alors? Une vulgaire pile de sandwich et 3litres de vins pour 200 personnes, il va falloir se battre, non ca n'est pas ca non plus. Mais je sais, ils n'ont ils pas débarrassé la table hier soir parce que trop saoul, trop rouge, c'est saignant en effet, une seule chaise est peinte du sang d'un malheureux convive; il semble, que cet seul tache, peigne le décors et laisse présager la suite. C'est pas si compliqué un décors : du bazar et des saleté, une tache de vrai faux sang et le tour est joué!

jeudi 23 septembre 2010

Vision de Saint Just


Quelqu'un déboule tout à coup.

Qui va là ?

Il est tout au bout de la scène, regard fixe, cœur ouvert, culottes courtes, tout en noir, grosses chaussures.

Un pirate, c'est Saint Just.

Ou pas encore, c'est bientôt Saint Just, ce n'est encore personne, un comédien, quelqu'un, le premier venu, n'importe qui, vous ou moi.

Son corps dégingandé s’anime et alternativement il va déclamer le discours de Danton avant son exécution et faire exister le peuple vibrant dont on a l’impression de faire partie, puis un vieillard, l’Hercule du peuple, une salle bondée, tout un monde en quelques gestes : ses mots créent une sorte de parabole, on a l’impression d’assister à un événement légendaire, religieux…

La voix tonne et me saisit, je ne voudrais pas perdre un de ces mots. Je suis absorbé par ce regard ouvert sur le vide. Le mouvement répétitif de sa main qui s’élève lentement puis s’abat avec force, est hypnotique, comme le va-et-vient d’un pendule, sauf qu’ici, c’est la lame d’une guillotine !

Je finis par ne plus rien voir que cette grosse tête aux yeux exorbités, flottant dans le vide, la bouche grande ouverte… Derrière elle, je vois apparaître une galerie d’énormes bouteilles pleines de reflets.

C'est un rideau en plastique frappé par la lumière.

Gabriel C.