L'amour se perd dans les yeux noirs Espace d'écritures autour du phénomène théâtral. Espace d'expérimentation, donc. Lieu de rencontres, d'échanges, de controverses. Laboratoire. Mais joyeux et vif.
mardi 16 novembre 2010
Lulu : "l'eau, l'or, le vin, la peur et l'ordre"
L'amour se perd dans les yeux noirs jeudi 11 novembre 2010
Voix OFF: En scène pour la skirtdance

LULU.
Voix OFF: En scène pour la skirtdance.
SCHIGOLCH.– À quoi bon vivre à Paris sinon !
Son portrait trône au-dessus du spectateur, au-dessus des fervents amants, au-dessus d’elle même.
Elle guette, s’assure que sa tragédie-monstre tienne la route.
Peut-être qu’elle est déçue : le public a rit.
ALWA.– (s’affairant) J’en ferai une tragédie…
Les diaboliques.
Opération réussie ; c’est bien une tragédie.
On frissonne de l’insouciance du criminel, une véritable bombe à retardement. Un ouragan.
Un bel ouragan. Une éternelle insatisfaite.
ALWA.– Je ne suis pas habitué à ce genre de plaisanteries. — Je ne suis pas blindé à ce point-là…
SCHÖN.– (sanglotant) Cette enfant ! L’innocente enfant !
Tout jaillit d’un monde bien bas. La mystique figure de Lulu y comprise.
Femme de la rue, élevée par un père immoral et incestueux, envoyée à l ‘école supérieure des jeunes filles. Elle est l’écran noir de projection des fantasmes de chacun. Quiconque veut l’appeler Nellie, Eve ou Daisy le peut.
SCHÖN.– — J’ignore comment elle se nommait à l’origine…
casti-piani.– — Quand il faut se battre pour survivre, le cœur rétrécit…
Lulu bouillonne en beaucoup de femmes. Son âme, contrairement aux traits qui transfigurent de sa jeunesse, est abimée. Elle fuit l’amour, le bonheur, la simplicité. Elle joue l’enfant attardée et se donne corps et âme à de vaines passion érotiques, en entrainant ainsi sur son passage quelques déceptions…
SCHÖN.– L’amour ne nous met pas au-dessus de l’animal.
FERDINAND.– — On n’est qu’un homme, après tout.
On n’est qu’un vieux médecin, qu’un artiste, qu’un père et son fils, qu’un autre père, qu’une femme surprenante, qu’un acrobate, que deux anglais, qu’un suisse…
SCHÖN.– Tout d’une seule pièce…
D’une seule. Le manège infernal de la scène tourne… tourne…
Multiplication d’atmosphères, de contrastes qui traduisent la complexité des personnages.
Un trou à rat insalubre à Londres, une fête branchouille parisienne, un atelier d’artiste, une loge, une chambre Lynchéenne.
Pas moyen de s’ennuyer. La pièce est fidèle à l’œuvre. Même l’adaptation « trash contemporaine » fonctionne à merveille. C’est intemporel. L’univers malsain (prostitution, sexe, drogue, argent) ne nous est d’ailleurs pas totalement inconnu…
SCHÖN.– Et avec tout ça tu n’en as pas encore assez ?
LULU.– Qu’appelez-vous assez…
Juliette G.
vendredi 5 novembre 2010
Dis le moi. Montre le moi. Explique le moi.

Quatre filles, deux garçons. Trois danseuses, trois acteurs.
Un trou de mémoire.
L'une boit dans une bouteille.
Incompréhension.