L'oeil/public
Espace d'écritures autour du phénomène théâtral. Espace d'expérimentation, donc. Lieu de rencontres, d'échanges, de controverses. Laboratoire. Mais joyeux et vif.
vendredi 22 avril 2011
Maleine Thoughts
absorbe tout. Maeterlinck nous plonge dans un monde merveilleux où les actions
humaines les plus atroces adviennent au milieu dʼune nature stupéfiante de beauté.
Est-ce un moyen de maquiller le cadavre, de noyer le poisson?
La Princesse Maleine est une pièce de la passivité et de lʼennui. Les actes horribles se
succèdent dans une sorte dʼinquiétante sérénité. Les rires sonnent faux et lʼépurement
des répliques souvent répétées semble lourd de sous-tenus. Mais que disent-ils donc sans
le dire?
Peut-on espérer les voir sortir de leur coupable silence, quand même le sacrifice de la
princesse les laisse de glace?
Sont-ils vraiment maléfiques, ou ne sont-ils que de froides statues de marbre, que les
heures sanguinaires ne peuvent ébrécher?
Si aucun de ces drames nʼimporte, où donc est la vérité?
Nous demeurons dans le doute et le malaise. Pourquoi ne réagissent-ils pas? Pourquoi
ces atrocités semblent-elles banales?
Doucement, nous rentrons sans le vouloir dans le jeu de Maeterlinck, comme blasés face
à tant de trahisons, de morts, et nous devenons impassibles. Notre oeil devient complice.
Cachés dans la pénombre du château, nous assistons au pire, mais sans broncher, bien
plus fascinés par les étoiles et les yeux de la forêt que par le drame personnel de chacun
des personnages.
Si tout ce mal est sans importance, que cherche donc à nous dire Maeterlinck? Que
sommes-nous sensés voir par-delà les fontaines du parc et les épais murs du château?
Alexandre
mardi 16 novembre 2010
Lulu : "l'eau, l'or, le vin, la peur et l'ordre"
L'amour se perd dans les yeux noirs jeudi 11 novembre 2010
Voix OFF: En scène pour la skirtdance

LULU.
Voix OFF: En scène pour la skirtdance.
SCHIGOLCH.– À quoi bon vivre à Paris sinon !
Son portrait trône au-dessus du spectateur, au-dessus des fervents amants, au-dessus d’elle même.
Elle guette, s’assure que sa tragédie-monstre tienne la route.
Peut-être qu’elle est déçue : le public a rit.
ALWA.– (s’affairant) J’en ferai une tragédie…
Les diaboliques.
Opération réussie ; c’est bien une tragédie.
On frissonne de l’insouciance du criminel, une véritable bombe à retardement. Un ouragan.
Un bel ouragan. Une éternelle insatisfaite.
ALWA.– Je ne suis pas habitué à ce genre de plaisanteries. — Je ne suis pas blindé à ce point-là…
SCHÖN.– (sanglotant) Cette enfant ! L’innocente enfant !
Tout jaillit d’un monde bien bas. La mystique figure de Lulu y comprise.
Femme de la rue, élevée par un père immoral et incestueux, envoyée à l ‘école supérieure des jeunes filles. Elle est l’écran noir de projection des fantasmes de chacun. Quiconque veut l’appeler Nellie, Eve ou Daisy le peut.
SCHÖN.– — J’ignore comment elle se nommait à l’origine…
casti-piani.– — Quand il faut se battre pour survivre, le cœur rétrécit…
Lulu bouillonne en beaucoup de femmes. Son âme, contrairement aux traits qui transfigurent de sa jeunesse, est abimée. Elle fuit l’amour, le bonheur, la simplicité. Elle joue l’enfant attardée et se donne corps et âme à de vaines passion érotiques, en entrainant ainsi sur son passage quelques déceptions…
SCHÖN.– L’amour ne nous met pas au-dessus de l’animal.
FERDINAND.– — On n’est qu’un homme, après tout.
On n’est qu’un vieux médecin, qu’un artiste, qu’un père et son fils, qu’un autre père, qu’une femme surprenante, qu’un acrobate, que deux anglais, qu’un suisse…
SCHÖN.– Tout d’une seule pièce…
D’une seule. Le manège infernal de la scène tourne… tourne…
Multiplication d’atmosphères, de contrastes qui traduisent la complexité des personnages.
Un trou à rat insalubre à Londres, une fête branchouille parisienne, un atelier d’artiste, une loge, une chambre Lynchéenne.
Pas moyen de s’ennuyer. La pièce est fidèle à l’œuvre. Même l’adaptation « trash contemporaine » fonctionne à merveille. C’est intemporel. L’univers malsain (prostitution, sexe, drogue, argent) ne nous est d’ailleurs pas totalement inconnu…
SCHÖN.– Et avec tout ça tu n’en as pas encore assez ?
LULU.– Qu’appelez-vous assez…
Juliette G.
vendredi 5 novembre 2010
Dis le moi. Montre le moi. Explique le moi.

Quatre filles, deux garçons. Trois danseuses, trois acteurs.
Un trou de mémoire.
L'une boit dans une bouteille.
Incompréhension.
mardi 5 octobre 2010
Rose! Blanc! Rouge!...noir.
Les gens disent:-"Qui se conduit comme un chien n'a plus de dignité."Et quand on a perdu son chien?
Rose! Blanc! Rouge!...noir.
Il arrive que les mots ne suffisent pas. Peu importe combien l'on se débat avec.
Une Image, desfois, ça parle plus que le plus élaboré des discours.
Il suffit de voir, il suffit...
Rose! Blanc! Rouge!...noir.
Un homme ébloui par la lumière (la folie oui!). Lui, ne voit pas (il ne distingue rien du tout oui!). D'où vient cette voix qui s'élève dans le noir? Il l'ignore. Une plainte étouffée du fond de notre mémoire. Notre mémoire en tant qu'hommes, (tous des chiens oui!)
Rose! Blanc! Rouge!...noir.
Vas-y! manges-toi ça bébé! Tu l'oublieras, tout semble s'oublier après tout!
dimanche 3 octobre 2010
on fait quoi là?
des sandwich racis et des bouteilles de vin a moitié vide
des gobelets en plastique blanc, c'est la fin du pot d'amitié,
entre les acteurs et les spectateurs, entre spectateurs et spectateurs, on arrive en retard, pourtant les retardataires sont nombreux, non, nous sommes a l'heure, peut être est ce pour après alors? Une vulgaire pile de sandwich et 3litres de vins pour 200 personnes, il va falloir se battre, non ca n'est pas ca non plus. Mais je sais, ils n'ont ils pas débarrassé la table hier soir parce que trop saoul, trop rouge, c'est saignant en effet, une seule chaise est peinte du sang d'un malheureux convive; il semble, que cet seul tache, peigne le décors et laisse présager la suite. C'est pas si compliqué un décors : du bazar et des saleté, une tache de vrai faux sang et le tour est joué!